« La France est un pays qui s’ennuie », je l’ai déjà écrit quelque part sur ce blog. Mercredi le petit garçon qui avait répondu « Ministre, papa ! » à la question de son père : « Que voudrais-tu faire, plus tard ? », ce petit garçon qui a tenu parole en devenant ministre de l’éducation nationale a affirmé qu’il y avait eu 80% de réussite cet année au baccalauréat. Donc, 80% de crétins qui vont sortir de quelque part avec un « papier » qui ne va pas leur servir à grand-chose.
Je ne sais pas si vous avez remarqué mais, en France, quand on s’ennuie, on fait du nouveau. On déclare, en substance, qu’on ne va plus faire les choses à la légère. Donc, moi qui suis attentif à toutes les conneries qui circulent dans le monde politique, j’ai le droit de me demander pour quel motif, avant, on prenait les choses à la légère ?
Qu’en est-il de la formation des uns et des autres ? Tout le monde s’en fout à l'unanimité ! Il est vrai que, de nos jours, un responsable politique ou d’une instance quelconque a difficile à écrire une lettre sans faute. Autrefois, un ouvrier n’ayant même pas un certificat d’étude; un homme s’étant arrêté à ce que nous appelons, en Belgique, l’école primaire, c’est-à-dire les six premières années d’études d’un enfant; une telle personne était capable d’écrire une lettre sans fautes d’orthographe.
Combien de ces gaillards ne rédigeaient-ils pas mieux une missive que certains de « soi-disant notaire ? » Vous me dites à présent que ces mots n’ont plus cours et que vous allez changer la manière de lire pour mieux savoir écrire, sans doute… et, vous ajoutez, sans pudeur aucune, que l’orthographe réveille les problèmes intérieurs ? Vous êtes-vous demandé pourquoi une telle catastrophe en orthographe sévissait chez vos bacheliers ? En possédez-vous une bonne ou vos discours sont-ils corrigés par d’autres ?
Il faut réfléchir avant de penser !
Vous avez tous parlés de l’absentéisme des enseignants ! C’est vrai ! Ils font peine à voir ! Comme des idiots que vous fûtes, vous avez mentionné l’Histoire de France et parlé de votre dictateur Napoléon ! À part le Code civil – mal fait, d’ailleurs – que vous a apporté ce petit Corse ? Rien. Sinon la République. On assassine des Présidents de la République (Carnot, Doumer) pas un Roi !
Et, si beaucoup d’élèves ne connaissent pas l’Histoire de France, ce n’est que tant mieux : ce n’est pas en sachant que le petit Corse s’est fait battre à Waterloo (donc, chez moi, en Belgique, par les Anglais !) que cela va les former et leur donner du travail pour demain ! Ayez les pieds sur terre Nom de Dieu !
Connaître Napoléon n’est pas important pour réussir sa vie professionnelle ! Pourquoi apprendre, alors ?
On apprend d’abord par goût : n’importe quoi ! J’ai toujours aimé écrire, par besoin, parce que j’avais quelque chose à dire, donc, j’écris ! Le rendement financier importe peu ! C’est le goût qui importe ! Mettez une personne devant une feuille blanche et demandez-lui de décrire son jardin avec sentiments, si elle se moque de son jardin, c’est raté.
À 60 ans, je n’ai toujours pas compris à quelle heure deux trains partant de points différents pour se rencontrer à tel endroit… je ne saurais pas vous donner la solution à un problème d’algèbre ou de trigonométrie !
Dans l’existence, certaines personnes sont instruites, ce qui ne veut pas dire qu’elles sont intelligentes !
Le gouvernement français voudrait intéresser les jeunes à la circulation routière ! Mais bordel, ce n’est pas à l’école de dispenser ce savoir : c’est aux parents !
En réalité, ce que beaucoup oublie, ce sont les dispositions pour l’étude; le milieu culturel dans une famille aisée où, au départ, l’enfant a été conditionné pour l’étude et non pour devenir plombier est sensiblement différent du milieu ouvrier, sinon pauvre, où tout jeune l’enfant a dû travailler dès l’âge de 14 ans, parfois pour subvenir aux besoins de la famille.
Mal étudier ne vaut rien ! Qui parle des différences de statuts ? Le ministre de l’éducation nationale ? Non. Il ne parle que des élèves qui souhaitent faire « Sciences Po ». Pas des autres. Pourtant, ils sont là ! Parle-t-on de ces enfants-là qui n’ont même pas été au Lycée ? Évidemment, non. Ils sont laissés pour compte. Décidément, nous ne parlons pas de la même France !
Les « petites gens » ne peuvent avoir droit au respect et, pourtant, ce sont eux qui font les masses laborieuses. Ils sont mis à l’écart automatiquement ? Peu importe !
Mais, à la réflexion, ne vaut-il pas mieux apprendre un bon métier manuel que d’apprendre quelque chose qui ne sert à rien ?
Plombier ?
« Un ouvrier dans la famille, ça fait tache ! ». Vous savez ce qu’un plombier va vous demander pour remettre un joint à votre évier ?
Bref ! Les enseignants en ont marre ! Autrefois, ils quittaient leur école les larmes aux yeux, plus maintenant !
« Vive la pension ! »
Certains sont encore motivés ? Lesquels ? Ils ont été roués de coups ! Ils se posent soudain des questions ! Les parents démissionnent et attaquent les professeurs parce que leur fils ou leur fille ont mérité une meilleure note et qu'ils ne l'ont pas !
Ils ne surveillent plus, comme jadis, leur progéniture, et ça devient dramatique ! Il est vrai que, à notre époque, beaucoup de parents, même doubles bacheliers, ne savent plus « suivre » leurs enfants en ouvrant leur cartable.
L’enseignement a changé, les enfants ont changé, les parents ont changé, le monde a changé ; je n’ai pas changé, moi !
Hélas, trois fois hélas ! Les politiques n’ont pas changé non plus et ça : c’est dommage !
Christian Jean Collard,-


















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